Que nous apprendrait une évaluation complète des interventions non pharmaceutiques durant la pandémie de COVID-19 ?

Un rapport récent de la Royal Society au Royaume-Uni a examiné la littérature à propos de l’efficacité des « interventions non pharmaceutiques » (masque, distanciation, confinement, lockdown) visant à réduire la transmission du virus SARS-CoV-2 pendant la pandémie de COVID-19. Il a conclu avec insistance que ces interventions étaient « efficaces », ce qui, selon les auteurs d’un article très judicieux sur cette question publié par une de nos membres (Elisabeth Paul) avec un panel international, peut induire en erreur la presse et, plus inquiétant mais conséquence évidente, les décideurs, en les confortant dans l’idée de la nécessité d’imposer à nouveau ces mesures en cas d’alerte épidémique.

Extrait traduit : « Le rapport de la Royal Society est faible d’un point de vue méthodologique (1), mais aussi dangereusement trompeur en termes d’élaboration de politiques. C’est ainsi que se produit la désinformation en matière de santé. Trois ans et demi après le début de la pandémie de COVID-19, il est grand temps que les chercheurs, les revues et les décideurs politiques cessent de débattre de la simple efficacité des mesures non pharmaceutiques par rapport à un paramètre qui nécessite un test PCR pour être déterminé, mais s’engagent dans des évaluations basées sur la santé publique prenant en compte tous les critères concernés. La remise en cause des principes de démocratie et d’autonomie corporelle constitue également un préjudice sociétal évident qui ne doit pas être ignoré. Il s’agit de questions complexes qui ne peuvent pas être appréhendées par des études simplistes. Les médias et les institutions telles que la Royal Society étaient autrefois conscients de cette complexité et recommandaient l’examen de plus d’une variable de l’équation. Ils feraient bien d’y revenir. »

Cette demande d’une évaluation indépendante, intègre et scientifiquement valide n’est pas neuve. Nous l’avons formulée à maintes reprises et nous avons également co-signé en 2022 une pétition la réclamant. Lettre morte, cela va sans dire… Se remettre en question – fut-ce pour éviter les effets pervers sur la population de mesures inappropriées ou indûment prolongées – n’est guère dans les mœurs politiques.

Un effort dans la bonne direction a été entrepris l’an dernier chez nos voisins néerlandais.


(1) d’après Paul et al., la faiblesse de ce rapport résulte de ce qu’il se base sur de nombreuses sources peu solides qui, agrégées avec quelques sources plus fiables, réduisent le poids de celles-ci. Elle provient également et surtout d’une hypersimplification de la problématique.

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