Le rapport final du Groupe de Travail (Task Force) mandaté par le gouvernement de la province d’Alberta, au Canada, sur l’examen des données de la pandémie de COVID-19, publié le 25 janvier, présente une analyse approfondie des mesures prises par le gouvernement albertain entre 2020 et 2022 1https://open.alberta.ca/dataset/albertas-covid-19-pandemic-response.
Ce document de 269 pages, rédigé par un groupe de 12 experts du domaine médical et de la santé publique, appelle à une réévaluation critique des politiques de santé publique mises en place durant la pandémie et souligne l’importance d’un débat scientifique ouvert et contradictoire. Il s’agit d’une évaluation officielle, effectivement contradictoire et nuancée, basée sur plus de 300 références, comme nous l’avons souvent demandée en Belgique, en vain.
On assiste plutôt actuellement à une sorte de justification à tout prix, tant politique que médiatique, des mesures prises durant la crise sanitaire depuis 2020. C’est ainsi que les médias “mainstream” comme on les appelle souvent, invitent précisément, pour débattre de ces questions, les experts qui ont participé à cette gestion et qui sont donc juges et parties dans ces évaluations très sommaires ou même partisanes. Le rapport albertain constitue donc un exemple à suivre.
Nous résumons ci-dessous leurs conclusions et recommandations principales (les citations sont traduites et mises en italique) soutenues par quelques-unes des références scientifiques importantes auxquelles ils se réfèrent.
A l’image de nombreux pays, l’Alberta a mis en place des mesures visant à minimiser la transmission du virus, mais ces mesures sont en contradiction avec ses propres plans préexistants de réponse pandémique, sans que cela soit justifié par des arguments rationnels convaincants. Selon la Task Force, les autorités de l’Alberta ont préféré “ré-inventer la roue” en se basant sur des recommandations d’autres instances nationales et internationales, dont la qualité et la pertinence n’étaient pas évaluées de manière critique, indépendante et consistante (p. 37-40), comme discuté ci-dessous de manière non exhaustive.
L’inefficacité des mesures
- Les confinements ont causé plus de dommages sociaux 2https://www.researchgate.net/publication/357115516_Latent_class_analysis_of_COVID-19_experiences_social_distancing_and_mental_health et économiques 3https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13571516.2021.1976051, disponible via https://www.sfu.ca/~allen/LockdownReport.pdf qu’ils n’ont apporté de bénéfices en termes de réduction de transmission virale 4https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8863413/ 5(https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC8053946/.
- Le port obligatoire du masque n’a pas significativement réduit la propagation du virus parmi la population 6https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10234287/.
- Ces mesures ont eu un impact négatif sur les élèves dans les écoles 7https://www.asha.org/news/2023/poll-shows-increases-in-hearing-speech-and-language-referrals-more-communication-challenges-in-young-children/, alors que ceux-ci présentaient peu de risques de transmission et de maladie grave 8https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9180428/.
- Les tests PCR non calibrés n’ont pas fourni une base solide pour déterminer le niveau d’infection réel dans la province, distinguer les personnes réellement infectieuses des autres 9https://www.aphl.org/programs/infectious_disease/Documents/APHL-COVID19-Ct-Values.pdf et, en corollaire, justifier les confinements et les politiques de vaccination obligatoire. “Rapporter comme cas de Covid-19 toutes les personnes ayant un test PCR positif a créé une épidémie de cas (potentiellement non fiable)”. En particulier, le testing systématique des individus asymptomatiques est questionnable 10https://www.nature.com/articles/s41467-020-19802-w. Il est bien évidemment préférable d’élaborer des stratégies basées sur des facteurs de risques établis.
Des critiques de la gestion gouvernementale
- Le gouvernement albertain s’est appuyé, en 2020, sur des modèles inexacts sans les valider par des données réelles, conduire des analyses de sensibilité ou mettre les modèles et leurs hypothèses à jour régulièrement 11https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7447267/.
- L’immunité naturelle a été ignorée dans les décisions et les messages médiatiques de santé publique, comme lors de l’imposition des obligations vaccinales, alors qu’elle était connue pour être large, robuste et durable 12https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7237901/ 13https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC7427556/ et finalement, reconnue pour être plus efficace que les vaccins contre les ré-infections et les Covid-19 sévères ou critiques 14Le risque d’infection par SARS-CoV-2, était deux fois moindre après infection naturelle qu’après vaccination par BNT162b2 (Pfizer) ou par mRNA-1273 (Moderna). S’agissant des formes … Continue reading. Le rapport note que “reconnaître que l’immunité acquise par l’infection est supérieure à l’immunité acquise par la vaccination ne revient pas à promouvoir l’infection au détriment de la vaccination”, d’autres considérations pouvant entrer en ligne de compte.
- Le vaccin ARNm n’aurait pas dû être administré aux enfants et adolescents en bonne santé, ni rendu obligatoire pour quiconque, vu qu’ils n’étaient pas conçus pour empêcher les transmissions interpersonnelles et au vu des balances bénéfices-risques individuelles (faible pour les personnes de 60 ans n’ayant pas plus d’un facteur de risque de Covid sévère, tel que l’obésité, l’hypertension et/ou le diabète). “La Task Force recommande d’arrêter l’utilisation des vaccins COVID-19 si elle n’est pas accompagnée d’une divulgation complète de leurs risques potentiels, de mettre fin à leur utilisation chez les enfants et les adolescents en bonne santé, de poursuivre les recherches sur leur efficacité, de mettre en place un soutien pour les personnes souffrant de lésions dues aux vaccins et de prévoir un mécanisme d’exclusion de la politique fédérale de santé publique”. A cet égard, nous renvoyons aux pages 188-220 du rapport pour ce chapitre trop long et fourni de trop nombreuses analyses et références importantes pour être résumé ici.
Des recommandations controversées
- Les autorités de santé publique albertaines ont restreint l’utilisation de la plupart des traitements envisagés contre le Covid-19, pour manque de preuves scientifiques suffisantes de leur bénéfice ou pour des risques qui n’étaient pas toujours médicalement avérés, alors que d’autres recommandations ou obligations officielles comme la distanciation sociale, le port du masque ou la vaccination pour réduire les transmissions n’étaient pas “basées sur la science”. Malgré les incertitudes reconnues entourant l’efficacité des traitements alternatifs comme l’ivermectine 15https://www.cochranelibrary.com/cdsr/doi/10.1002/14651858.CD015017.pub2/full, la colchicine 16https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/34051877/ ou la fluvoxamine 17https://www.thelancet.com/journals/langlo/article/PIIS2214-109X(21)00448-4/fulltext, le rapport questionne alors : “n’aurait-il pas été prudent d’autoriser, voire d’encourager, les praticiens à essayer tout traitement COVID-19 fondé sur des preuves, les autorités sanitaires observant de près l’impact sur les populations ?”. Le chapitre souligne également les avantages potentiels d’une supplémentation en zinc 18https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0924857920304258?via%3Dihub et “l’utilisation de l’hydroxychloroquine en tant qu’ionophore du zinc” 19Note de CovidRationnel : les données scientifiques actuelles indiquent toutefois que l’hydroxychloroquine (HCQ) ne fonctionne pas comme un ionophore direct du zinc … Continue reading.
- Le groupe consultatif scientifique (SAG) a déconseillé l’utilisation de la vitamine D3 pour traiter ou prévenir le Covid-19 20https://www.albertahealthservices.ca/assets/info/ppih/if-ppih-covid-19-sag-rapid-review-vitamin-d-treatment-and-prevention-covid-19.pdf?utm_source=perplexity malgré des études suggérant l’efficacité de cette vitamine (en prophylaxie), tout en recommandant la supplémentation, ce qui n’est pas très clair pour le grand public :. “La question de la vitamine D3 a été abordée, une étude montrant une corrélation entre de faibles niveaux et de mauvais résultats pour le COVID-19, mais le SAG n’a pas inclus cette étude dans son examen et a recommandé de ne pas utiliser la vitamine D3 pour le traitement.” 21https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC9864223/ 22https://www.mayoclinicproceedings.org/article/S0025-6196(21)00001-X/pdf.
En conclusion, cette évaluation critique ainsi que les recommandations pour une meilleure gestion des épidémies résonnent très clairement à nos oreilles comme du déjà-entendu et renvoient à nos appels insistants tout au long des années de crise sanitaire : https://covidrationnel.be/derniers-articles/
Notes